Le sociologue Rémi Oudghiri, qui décrypte depuis des années l’évolution de nos comportements, l’a bien vu : le voyage ne signifie plus seulement partir loin et longtemps. L’essor du micro-voyage, cette escapade proche, courte et improvisée, en est le signe.
Ce n’est pas un détail. Depuis son apparition au XIXᵉ siècle, le tourisme est au cœur des questions de société de son époque. Y travailler, ce n’est pas donner un supplément d’âme au voyage : c’est agir à l’intersection des problématiques les plus contemporaines. Le choc climatique, le choc inflationniste et le choc de l’intelligence artificielle redessinent aujourd’hui le contour du voyage, et nos moyens d’action.
Le premier bouscule les saisons, les destinations et percute tout l’écosystème.
Le deuxième pèse sur le budget des visiteurs comme sur celui des collectivités.
Le troisième transforme la relation client, la promotion des territoires, la souveraineté des données et nos emplois.
On ne répond pas à de tels chocs en ajustant nos pratiques. Il faut changer de posture. Accompagner le changement est déjà obsolète, nous devons l’anticiper, l’initier.
Nous devons donc bâtir des stratégies communes. Ma conviction est simple : le public travaille pour et avec le privé. Hébergeurs, restaurateurs, transporteurs, sites de visite, organismes de destination : personne n’a la réponse seul. Il faut se parler davantage et construire des stratégies communes, voire complémentaires.
Aux acteurs publics, la vision de long terme et l’arbitrage entre intérêts parfois divergents ; aux acteurs privés, l’agilité, l’investissement et la connaissance fine du client.





